Le Cardinal de Furstenberg

 
 

 

de FURSTENBERG, Maximilien, Louis, Hubert, Egon, Vincent, Marie, Joseph, baron, cardinal, né à Heerlen (Pays-Bas) le 23 octobre 1904, décédé à Yvoir le 22 septembre 1988.
Il est le fils d'Adolphe-Louis-Egon-Hubert-Vincent, baron de Furstenberg et d'Elisabeth-Marie-Sylvie-Ferdinande-Joseph, comtesse d'Oultremont de Wégimont de Warfusée, tous deux sans profession. Il vécut son enfance dans la propriété paternelle de Rémersdael, à Bruxelles, et au château des comtes d'Oultremont, à Xhos-Tavier, dans le diocèse de Liège..
D'octobre 1915 à juillet 1922, il fut élève à l'école abbatiale de Maredsous. A dix-sept ans, il fait part à ses parents de sa vocation religieuse. Prudent, son père lui offre alors un grand voyage en Amérique latine. De 1922 à 1928, Maximilien fait ses études, d'abord à l'Institut Saint-Louis à Bruxelles, puis à l'Université catholique de Louvain au Séminaire Léon XIIIoù il obtient la licence en philosophie. De 1924 à 1925, il effectue son service militaire au régiment des Grenadiers et sort sous-lieutenant de réserve. En 1928, il part pour Rome où il devient pensionnaire du Collège pontifical belge et étudiant à l'Université pontificale grégorienne. Entre-temps, il est ordonné prêtre à Malines le 9 août 1931 des mains de Mgr Van Roey. II obtiendra le doctorat en théologie à Rome en 1932. De retour au pays, il est nommé professeur au collège archiépiscopal Saint-Jean Berchmans à Anvers où il enseignera de 1932 à 1934.
En 1934, Maximilien de Furstenberg devient professeur de liturgie au Grand Séminaire à Malines et maître des cérémonies du cardinal Van Roey. De 1935 à 1949, il est aussi aumônier militaire de réserve. Le lendemain de Pâques 1943, le chanoine de Furstenberg est arrêté par les Allemands au domicile de sa mère, à cause d'une inscription latine appendue au chandelier pascal dans l'église métropolitaine et qui laissait trop apparaître l'espoir qu'avait fait naître le débarquement allié en Afrique du Nord. Il fut condamné à deux ans de prison. Après un an de détention à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles), il fut cependant libéré le jour de Pâques 1944.
Sous la Régence, il est nommé aumônier de la Cour et reçoit, pour sa conduite patriotique, la croix de chevalier de l'Ordre de Léopold II. Le 27 février 1946, les évêques de Belgique le nomment recteur du Collège pontifical belge à Rome.

Parmi les étudiants du Collège belge de Rome, il y eut un certain Karol Józef Wojtyła (1920-2005) qui devint le Pape Jean-Paul II en 1978. Le Pape Jean-Paul II a évoqué le souvenir du Cardinal de Furstenberg dans son homélie du 8 avril 1994 à l’occasion de l’inauguration de la restauration des fresques de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, en ces termes : « La Chapelle Sixtine est le lieu qui, pour chaque Pape, conserve le souvenir d'un jour particulier de sa vie. Dans mon cas, il s'agit du 16 octobre 1978. C'est précisément ici que se rassemblent les cardinaux, dans l'attente de la manifestation de la volonté du Christ quant à la personne du Successeur de saint Pierre. C'est ici que j'ai entendu, de la bouche de celui qui un jour fut mon Recteur, le Cardinal Maximilien de Fürstenberg, les paroles significatives: « Magister adest et vocat te ».

Le 13 mai 1947, il est nommé prélat domestique de Sa Sainteté et est consacré évêque titulaire d'Adrianopolis d'Haemimonta. .
Au début de 1949, Mgr de Furstenberg est convoqué par le substitut de la secrétairerie d'Etat, Mgr Montini; celui-ci lui montre une carte ouverte et pointe le doigt sur l'archipel nippon. C'est la surprise, un grand tournant ; une carrière diplomatique va commencer. Le 8 mars 1949, Pie XII nomme Maximilien Furstenberg archevêque titulaire de Palto délégué apostolique au Japon. Il rentre à Malines pour être ordonné évêque par le cardinal Van Roey le 25 avril 1949. Puis, il s'embarque pour les Etats-Unis qui, en tant que puissance occupante sont d'une grande importance pour son travail au Japon. Arrivé à Tokyo, il découvre le Japon de la défaite, celui du général MacArthur. Il doit agir vite, remettre de l'ordre, faire nommer seize nouveaux évêques. Avec la Cour impériale et avec le gouvernement il réussit à établir de bons contacts. Son habileté diplomatique fit, qu'en 1952, le Japon noua des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. C'est ainsi qu'il devint internonce apostolique.
Le 21 novembre 1959, le pape Jean XXIII nommait Mgr de Furstenberg délégué apostolique en Australie, Nouvelle-Zélande et Océanie avec résidence à Sydney où il arriva en février 1960. Il y fut le promoteur de l'enseignement catholique et de l'apostolat des laïcs, ainsi que de l'insertion des catholiques dans la politique dans le domaine social.
Atteint d'une maladie tropicale des yeux, est nommé en 1962 nonce apostolique au Portugal. Il arrive à Lisbonne lors du début du distanciement entre l'Eglise et l'Etat. Il veille à atténuer les tensions entre le clergé européen des colonies portugaises et le gouvernement. La promotion d'un clergé autochtone était son principal souci. II était en contact avec Sœur Lucia, la dernière survivante des voyants de Fatima. C'est à l'occasion de sa visite à Fatima le 13 mai 1967, que le pape Paul VI lui annonça son intention de l'élever au cardinalat.
Au consistoire du 26 juin 1967, Paul VI créa cardinal du titre du Sacré-Cœur de Jésus a Castro Pretorio. En vertu d'un antique privilège le président du Portugal Americo Tomaz remit la barrette cardinalice à Mgr de Furstenberg le 3 juillet 1967. Discours et banquet mirent fin à un privilège que le Saint-Siège avait décidé supprimer. En 1966, il avait été fait grand-croix de l'Ordre du Christ. A l'occasion de son élévation à la pourpre romaine et de son départ, il reçut la grand-croix de l'Ordre de Henri le Navigateur.
Après que des rumeurs dans la presse internationale en eussent fait, à tort, le nouveau  Secrétaire d'État, il fut nommé en 1968 préfet de la Congrégation pour les Églises orientales. Il inaugura ses nouvelles fonctions par un grand voyage qui le mena en Inde, en Irak, en Syrie, en Jordanie, en Égypte, en Turquie, au Liban et en Terre Sainte. Au cours de ses déplacements, il veilla à établir des contacts avec d'autres Églises et à nouer des liens officiels avec les autorités locales.
A propos des cinq années de sa préfecture de la Congrégation des Églises orientales, on a pu écrire qu'en 1973, il démissionna de ce poste où il fut un peu plus qu'un figurant, le secrétaire italien Mgr Mario Brini prenant les décisions. Il quitta sa résidence de fonction au palais de la Congrégation pour emménager dans un appartement au palais du Saint-Office qu'il garda jusqu'à sa mort.
Déjà comme jeune prêtre, Maximilien de Furstenberg était chevalier de l'Ordre Souverain de Malte. Nommé cardinal, il devint grand-croix de cet Ordre.
En mars 1972, le pape Paul VI le nomma Grand Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Durant ses quatorze années à la tête de l'Ordre, le cardinal de Furstenberg mit à son actif quantité de réalisations en Terre Sainte par l'entremise du Patriarcat latin de Jérusalem. Il a mis en œuvre l'achat de terrains à bâtir en vue de la construction d'églises et d'écoles. Il a veillé à fournir les fonds nécessaires à la subsistance des prêtres, des religieux et du personnel enseignant, en particulier ceux d'origine palestinienne. Il voyait au travers du développement dans l'enseignement et dans le travail manuel une possibilité pour l'Église, même au sein d'une population musulmane, de contribuer à l'établissement de la paix.
En dehors de cette fonction centrale, il a continué à servir le Saint-Siège dans différents offices : il fut membre du conseil pour les Affaires publiques de l'Église, de la Congrégation des évêques, de la Congrégation des religieux et des Instituts séculiers, de la Congrégation pour l'Evangélisation des peuples, du Tribunal suprême de la Signature apostolique, de la Commission pour la révision du Code de droit canonique, de la Commission pour l'interprétation des décrets du Concile de Vatican II, de la Commission pour l'État de la Cité du Vatican et de la Commission cardinalice pour l'Institut des Œuvres de Religion.
L'amitié était importante pour lui. Toute sa vie, il resta en contact avec des amis du temps de ses études, de son service militaire et des différentes phases de ses activités dans l'Église. Sa fidélité en amitié était grande, mais grande aussi sa déception lorsque par indiscrétion on portait atteinte à sa position. C'est ainsi qu'il ne parlait que rarement de son emprisonnement durant la guerre parce que c'est par un compatriote qu'il fut dénoncé.
Il était profondément lié à sa famille. Ainsi, il passait régulièrement ses vacances en Belgique chez sa sœur, Marie-Louise du Roy de Blicquy, qui avait été dame d'honneur de la reine Astrid. De chez elle, il rendait visite aux parents et amis de Belgique. Après la mort de sa sœur, le cardinal trouva un deuxième foyer, à Villers-lez-Heest près de Namur, chez une de ses nièces. Il avait aussi des liens étroits avec sa famille en Westphalie.
Au printemps de 1988, le cardinal de Furstenberg tomba malade à Rome. Il fut hospitalisé à la clinique Gemelli où il reçut la visite du pape Jean-Paul II. Au cours de l'été, il rentra en Belgique où il fut admis à la clinique de l'Université de Louvain à Mont-Godinne dans l'entité d'Yvoir. C'est là que le jeudi 22 septembre 1988, une hémorragie cérébrale l'emporta. Sur l'acte de décès, il est mentionné qu'il était domicilié en Italie (Rome-Cité du Vatican).
Ses funérailles eurent lieu le mercredi 28 septembre 1988, en l'église Notre-Dame au Sablon à Bruxelles, qui est l'église capitulaire de la lieutenance belge de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Son cercueil était couvert du drapeau belge et surmonté de la barrette rouge. Le lendemain, conformément à ses dernières volontés, le cardinal fut inhumé dans la crypte que son arrière-grand-père, le comte Franz Egon von Fürstenberg-Stammheim avait fait bâtir au mont Appolinaris près de Remagen, en Westphalie.

Il est revenu à Rémersdael en 1953 pour participer aux festivités du centenaire de la commune. Derrière lui, nous reconnaissons Jules Halleux comme acolyte et l'abbé Fr. Péters, ainsi que à la droite de la photo Marie-Rose Heuveneers et sa maman Rosa Heuveneers-Straeten.

Sources: F. Colleye, Mgr Maximilien de Furstenberg, dans Le Phare dimanche, 22eannée, n° 1124, 16 juillet 1967, p. 5. — J. Ickx, Les anciens élèves du Collège Pontifical Belge à Rome 1844-1994, Rome, 1994, p. 443. — E. Leclef, Le Cardinal Van Roey et l'occupation allemande en Belgique, Bruxelles, 1945, p. 179, n. 1. — "Le Tchession" du 19 mars 1949 - G. McEoin, The Inner Elite : Dossiers of Papal Candidates, Kansas City, 1978, p. 300. — W.S. Plavsic, Le cardinal de Furstenberg, (1904-1988), dans Handelingen van de Koninklgke Kring voor Oudheidkunde, Letteren en Kunst van Mechelen, vol. 106, 2002, p. 249-264. — J.-E. Card. Van Roey, Au Service de l'Eglise, Turnhout, t. VII, p. 174-179. — M. Freiherr von Fürstenberg, Maximilian Kardinal von Fürstenberg (1904-1988), Sonderdruck aus Fürstenberger Skizzen, Streifzug durch 700 Jahre Westfdlische Familien- und Landesgeschichte, Arnsberg, 1995, p. 105-110. Et Wladimir S. Plavsic dans les Biographies nationales de Belgique.

Page mise à jour le 24.11.2007