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Joseph Leenaerts (colonel hre d’artillerie, ancien attaché militaire à Vienne, Berne et Budapest, né le 7 avril 1917 à Rémersdael) raconte l’anecdote suivante dans son livre « Dans les arcanes des services secrets ») :
Nous avions le privilège d’avoir dans notre village un bourgmestre exceptionnel, le baron Adolphe de Furstenberg. Je le rencontrais deux ou trois fois par mois.
Descendant d’une famille issue de la haute noblesse allemande, il avait voyagé dans le monde entier.
Il avait fréquenté des grands de la politique et en l’occurrence connaissait aussi bien Winston Churchill que le général von Falkenhausen, gouverneur militaire de la Belgique occupée. Il se souvenait parfaitement de ses rencontres avec l’homme d’état britannique. C’était à Alexandrie où il faisait escale après un long séjour au Kenya.
Je fus bouleversé quand, l’entretenant d’un discours prononcé par Churchill à la radio, il m’interrompit en me disant : Churchill n’est pas un gentleman ».
Interloqué, j’attends un mot d’explication.
Il est assis dans un fauteuil Voltaire de merisier, placé à droite d’un feu ouvert que j’alimente régulièrement en bûches de hêtre bien sèches. Je les retire d’un large panier d’osier à bord torsadé. Le jardinier du château d’Obsinnig les débitait dans une remise servant autrefois d’écurie de belle structure.
Fumant une longue pipe, au fourneau en porcelaine savamment culotté, le baron me dit d’une voix autoritaire : « J’ai bien connu Churchill. Je l’ai rencontré en Egypte. Un jour nous jouions à la même table de jeu ; c’était à Alexandrie. J’ai surpris Churchill à tricher… et il a refusé de présenter ses excuses.
Il n’est pas un gentleman. Nous n’en parlerons plus. »
Par ailleurs, le baron connaissait le général von Falkenhausen. A plusieurs reprises il fut reçu par lui à Bruxelles où il se rendait en voiture, une américaine, conduite par son chauffeur. Il partait plaider en faveur de malheureux, victimes de la répression de l’occupant… et ses interventions furent parfois couronnées de succès.
Grâce aussi à l’intervention du baron, qui se laissait facilement convaincre par une argumentation sérieuse, la population du village n’eut guère à souffrir, ni de la faim, ni du froid.
Retour à la famille de Furstenberg
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